dans le rétro : Eugène

Publié le par Jenig

dans le rétro : Eugène
dans le rétro : Eugène

Adieu à Eugène le blogueur de Locoven

Le créateur de ce blog nous a quittés le 16 novembre dernier mais ce qui fut,
pendant plusieurs années, l’instrument d’information et de passage de mémoire de
l’archipel ne s’arrêtera pas avec la disparition de son fondateur. Une Bréhatine de
cœur et épouse de Bréhatin, Pierrette Dubreil, se propose de reprendre le flambeau.
Avant que Pierrette n’entre officiellement en fonction, nous avons souhaité rendre un
ultime hommage à Eugène, sous la forme d’une rétrospective de sa vie.
Eugène Prigent, Genik pour les internautes, est né à Bréhat le 21 février 1946. Il est
le cadet d’une fratrie de trois enfants : Jeanne, dite Jeannette, dix-neuf ans et
Maryvonne, douze ans.
Son père, Eugène, exerce les fonctions de garde-champêtre qu’il cumule avec ses
activités de cordonnier. Son échoppe est mitoyenne du bar de sa mère : l’Escale, au
bourg de l’île.

A sa naissance ses parents sont respectivement âgés de quarante-sept et quarante-
trois ans. Le « petit dernier » est accueilli avec amour, dorloté par sa maman et

choyé par ses grandes sœurs.
Dans cet immédiat après-guerre où la France commence à revivre et les français à
jouir d’une liberté retrouvée, Bréhat est un petit paradis terrestre pour les enfants
qui bénéficient d’une grande latitude, à la seule condition de respecter les heures de
repas.
Le jeune Eugène est un élève plutôt doué et normalement studieux. Mais si l’enfance
est douce et libre à Bréhat, elle est aussi courte car dès l’âge de onze ans, c’est la
pension qui attend les petits bréhatins destinés à « faire des études », une petite
minorité de quelques éléments par classe d’âge dont Eugène fait partie.
A la rentrée 1957, Eugène intègre donc le lycée Auguste Pavie de Guingamp, il y
restera jusqu’en 1965, année où il obtiendra son baccalauréat.
Durant toute cette période, ses séjours à Bréhat se limiteront aux vacances de Noël,
de Pâques et d’été, soit environ quatre mois au total (les vacances intermédiaires
d’automne et d’hiver n’interviendront que plus tard).
Si les périodes de détente bréhatines sont rares, elles n’en sont pas moins intenses.
Eugène est entouré d’une belle bande de copains et de copines qui fait de ses
séjours bréhatins des moments de grand bonheur et d’activité soutenue, articulée
autour des domaines favoris des petits bréhatins : la mer sous toutes ses
déclinaisons et les sports de base : foot et vélo, auxquels viendront s’agréger, à
l’adolescence, les premières « boums ».

C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Gil, elle a quatorze ans, il en a
seize, ils se retrouveront à chaque vacances pour finir par ne plus se quitter et se
marieront le 29 mars 1969.
Après son bac, Eugène décide de s’orienter vers l’enseignement et suit les cours de
l’Ecole Normale (ancêtre de l’IUFM).

Devenu instituteur, il occupera plusieurs postes de remplaçant, notamment à Saint-
Agathon et Plaintel.

En septembre 1967, l’heure du service militaire sonne, pour lui ce sera « la
coopération » comme enseignant. Il prend courageusement, au volant de sa Citroën
Ami6, la route du Maroc et du lycée d’Erfoud, aux portes du Sahara. Un périple de
deux mille cinq cents kilomètres qu’il contera par le menu sur son blog en 2015.
En février 1971, à la maternité de Meknès, arrivera Nicolas, le premier enfant de Gil
et Eugène. A leur retour en France Eugène est nommé au Hinglé puis à Hénon, avant
d’obtenir en 1974 le poste de directeur de l’école de Bréhat. Entre temps, le 1er juillet
1972, la famille se sera agrandie avec l’arrivée de la petite Marie. Cette naissance
sera suivie de celle de Sterenn le 9 août 1978.
En 1977, Eugène accepte de figurer sur la liste de Michel Moreux. Candidat à la
Mairie, il sera élu et exercera un mandat de conseiller jusqu’en 1983.
Au début des années quatre-vingts, Eugène décide de réorienter sa carrière
d’enseignant vers la psychologie et reprend ses études à la faculté de sciences
humaines de Paris 3.
En 1983, son diplôme obtenu, il est nommé à Guingamp où il exercera jusqu’à la
retraite, en 2001, les fonctions de psychologue scolaire.
Ses parents disparus, en 1979 son père et en 1983 sa maman, lui lègueront leur
maison de Nod Coven, qu’il s’attachera à moderniser dans la perspective de sa
retraite et en 2001, il redeviendra citoyen de l’île à temps plein.
Redevenu bréhatin, Eugène se consacre à ses activités favorites, la pêche et la
navigation dans et autour de l’archipel, à bord de son petit bateau, le bricolage et
l’animation du blog qu’il a créé pour rendre compte de la vie de l’île, nourrir et
entretenir la mémoire collective.
Parallèlement, il apporte une contribution active au fonctionnement de la petite
troupe de théâtre de l’île, au rythme de deux à trois pièces par an. Il y incarne
toujours un des personnages principaux.
Unanimement apprécié pour ses grandes qualités humaines et sa parfaite stabilité
émotionnelle, le départ d’Eugène laisse un grand vide dans la petite communauté
bréhatine.
Atteint depuis plus de dix ans d’un mal qu’il savait incurable et qui le rongeait,
Eugène a lutté avec courage sans jamais se départir de son humour ni de sa
gentillesse. Sa contamination par le coronavirus a précipité son départ.

Il nous manque énormément, son souvenir restera à jamais gravé dans nos cœurs.

pique-nique Gilberte et Eugène Raguénès

pique-nique Gilberte et Eugène Raguénès

bon anniversaire papa.

bon anniversaire papa.

Publié dans Saga PRIGENT

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G
Merci d'avoir pensé à réalisé et publié cette petite chronique condensée sur la vie d'Eugène Prigent, dont certains épisodes m'étaient évidemment inconnu et m’ont étonné, notamment l'épisode Africain.<br /> Il y a une douzaine d'années, en cliquant sur une vieille photo de Bréhat, j'ai découvert presque par hasard, le blog Locoven. Depuis ce jour, pour mon plus grand plaisir, et presque quotidiennement, je suis passé par là pour suivre les dizaines de publications de ce blog. Pour tout cela 1000 fois merci à lui. Et bien sur, une pensée bien sincère à toute sa famille, je fut également, bien que ne l'ayant jamais rencontré, très triste de ce départ.
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B
Très joli résumé de ta vie, Génik! Bon vent à toi! De là-haut tu t'intéresseras encore à ce qui se passe ici-bas! J'en suis sûre... <br /> Bon courage et bises à toute ta famille. Babeth
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