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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 10:38

( Quand M. Renan se fut rassis, au milieu des ap-
plaudissements, tous comprirent qu'il n'y avait plus
place pour de longs discours. M. Le Rochais, maire de
Paimpol, but à la santé de M. Renan; M. Armez, dé-
puté, fit un compliment; on lut une lettre de Loti, qui
exprimait son chagrin que ses devoirs de marin le
retinssent dans une autre mer, et un télégramme du
préfet s'excusant sur les devoirs de sa charge. L' Hymne
russe ne pouvait manquer, même à Bréhat; on écouta
debout La Marseillaise, et on se leva de table vers trois
heures. »


La musique de Paimpol, qui prêtait son concours à
cette fête de Celtisants, assura le succès des danses
bretonnes qui suivirent le banquet, et aussi celui des
luttes et jeux, dont Ernest Renan couronna les lauréats,
au milieu d'une des plus belles soirées de sa vie.


Après les fêtes, Renan se retira chez des parents; là,
dans une simple chambre, il passa doucement la soirée,
tandis que le vent du large chantait sa complainte
monotone. Sous ses yeux s'étalaient, de père en fils,
les portraits de famille : enfants aux cheveux blonds
cendrés, matelots vigoureux au cou musculeux encadré

dans le large col, vieux marins aux visages hachés de
rides. Avisant, dans un coin un ancien lit breton,
Renan en fit glisser les volets sculptés, et ses yeux
étonnés découvrirent une planche couverte de livres...
Aucun de ses ouvrages n'y était, ce dont il sourit.


Comme en 1868, le grand Celtisant passa quelques
jours à Bréhat, où l'hospitalité lui fut donnée à la fois
par Mme Dauphin sa parente, et par la famille du
peintre Mezzara. L'illustre Maître, plus ingambe que ja-
mais, profita de ce séjour pour visiter à pied certains en-
droits de file, et revoir les lieux où il aimait à aller rêver
quand il était écolier en vacances. Il reconnaissait ses
amis et il les interpelait gaiement. Il déclara même qu'il
ne s'était jamais senti plus dispos ; peut-être l'accueil si
enthousiaste de la population bréhatine, ce qui l'avait
si particulièrement touché, n'était-il pas étranger à ce
renouveau de santé chez l'auteur de l' Histoire du peuple
d'Israël.


Le samedi 12 septembre, à une heure, le vapeur Lili,
de Pontrieux, vint, tout pavoisé, prendre Ernest Renanet ses amis au Port-Clos, pour faire route vers Perros-Guirec, emmenant aussi jusqu'à la grève de Lenquen,
à destination de Rosmapamon, Mrs Renan, Georges
Perrot, Luzel, Mezzara, Ary Renan, Charles Le Goffic.


Avant son départ de Bréhat, Renan avait adressé
au maire de l'île, M. Ollivier, la jolie lettre suivante,
inédite :


« Bréhat, 12 septembre 1891.
« Monsieur le Maire,
« Quelle joie c'a été pour moi de revoir ma chère île

de Bréhat, et de la revoir au milieu d'une si touchante
cordialité. Que je vous remercie d'avoir bien voulu pré-
sider cette fête, qui me laissera un si précieux souvenir!
J'ai retrouvé mon île bien-aimée, telle que je l'ai vue, il
y a soixante ans, toujours charmante, souriante et
parée de ses grâces naturelles.


« Ayez la bonté, Monsieur le Maire, d'être mon inter-
prète auprès de tous les Bréhatins, pour leur dire com-
bien j'ai été ému de leur accueil et combien je leur
suis reconnaissant de leur bonne amitié. Veuillez
agréer, personnellement, Monsieur le Maire, l'assurance
de mes sentiments les plus affectueux. Vous m'avez
procuré une des plus grandes joies de mes vieux jours.
Merci; croyez à mon attachement le plus sincère, à
tout mon dévouement .

Merci à Geoffroy de Frahan pour la trouvaille des photos
Merci à Geoffroy de Frahan pour la trouvaille des photos
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Merci à Geoffroy de Frahan pour la trouvaille des photos
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